Nos engagements et nos biais cognitifs amplifiés par nos passions nous conduisent trop souvent à sortir de la raison, de la réflexion et d’une analyse aussi objective que possible, en fonction de nos histoires de vie.
Dans cette affaire le Hamas a choisi de pratiquer tortures et tueries, constitutives de crimes contre l’humanité voire de génocide en ciblant cyniquement des israéliens dont beaucoup sont plutôt de gauche, libéraux, favorables à une solution pacifique à deux états, pour anéantir toute possibilité de règlement pacifique de ce conflit à court et moyen terme et favoriser les faucons en Israël, en Cisjordanie, à Gaza et parmi les différents pays du Moyen Orient en favorisant l’Iran, la Russie, la Chine…
Ainsi exit les accords d’Abraham, et un sérieux appui à l’Iran, la Russie qui retrouve des marges de manœuvre avec l’Ukraine, la Chine qui retrouve des marges de manœuvre avec son projet expansionniste sur le pacifique ainsi que tous les partisans des dictatures ou démocratures.
Un guerre contre les valeurs des démocraties libérales et l’état de droit, le jus cogens international considéré comme vestige colonialiste d’un occident impérialiste.
Ce qui permet à ces dictatures et démocratures de redorer leurs blasons en se présentant comme défenseurs des opprimés et d’obtenir des majorités à l’ONU.
C’est pourquoi le Hamas fait tout pour que la réponse d’Israël soit la plus meurtrière possible.
Le gouvernement israélien ne doit pas tomber dans ce piège en évoquant la vengeance de Némésis mais rester dans la justice de Thémis et d’Athéna.
Il s’agit de « réparer le monde » et non de le détruire encore plus.
Car la tâche des soldats israéliens sera terrible pour discerner entre civils et feddayins.
Ceux qui ont l’expérience du combat de rue savent combien il est difficile de décider, en voyant une famille sortir dans la rue pour se rendre, si ce sont vraiment des civils, ou des combattants, voire combattants suicide ou pire civils piégés pour la guerre de communication.
Et tirer sur des civils innocents est une des expériences les plus démoralisantes qui soient.
Ce qui permet au Hamas de faire coup double, démoraliser l’armée israélienne et marquer des points dans la guerre de propagande.
Notre devoir n’est-il pas de rester humain en essayant de réduire au maximum le nombre de morts ou de blessés israéliens et civils palestiniens ?
Accepter un cessez le feu temporaire et des corridors humanitaires pour sauver le maximum de vies ne sont-ils pas souhaitables, malgré le risque que les terroristes du Hamas en profitent ?
Je pense que ne particpant pas directement au conflit, sinon pour la libération des otages nous frisons l’indécence quand nous restons sur des positions partisanes et théoriques sur les possibles solutions immédiates à ce conflit dont les origines remontent à la création même de l’état d’Israël en 1948 et au refus de ses voisins de reconnaître son existence dans une solution à deux états.

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